7 September, 2007

Irmã Emmanuelle e madre Teresa

Embora bem menos prolongados do que os de Madre Teresa, os momentos de dúvida de irmã Emmanuelle, uma religiosa muito conhecida sobretudo em França, também existiram, como agora, prestes a celebrar 99 anos, conta ao diário Le Monde:

[…]"Des gens de qualité défendaient donc une autre foi ? Mais où était la vérité ? Quels éléments penchaient en faveur du catholicisme ? Je me suis lancée avec frénésie dans l’étude de Mahomet, de Bouddha, du Talmud. Il n’y avait pas plus de preuves de l’existence de Dieu que dans la Bible. Mais mes prières m’ont soudain donné l’impression de résonner dans le vide. Moi qui m’étais consacrée corps et âme au Christ, sûre qu’il était la lumière, je doutais atrocement. Vers qui me tourner ?" Elle a plongé chez les philosophes pour y trouver un sens à la vie. Confucius, Camus, Sartre, les autres… "L’absurdité pour l’absurdité, ça ne valait pas la peine !" Elle a interrogé les grands théologiens. Ce fut rapidement l’impasse. "Je continuais à prier : tu ne m’aides pas, Seigneur ! Aie pitié de moi ! J’étais déchirée entre mon coeur, toujours attaché à la foi, et mon esprit qui en réclamait des preuves."

Ce n’est qu’en étudiant plus tard Pascal qu’elle trouva un certain soulagement. "Dieu n’est pas le dieu des philosophes et des savants, disait-il ! Dieu n’est pas sensible à la raison raisonnante et les preuves de son existence n’existent pas ! Que j’étais donc orgueilleuse de vouloir tout comprendre ! La foi est affaire de coeur, la foi vient des tripes.

L’apaisement vint des années plus tard, dans la cabane du bidonville du Caire où elle avait choisi de vivre, pauvre parmi les pauvres, à 60 ans passés. C’était un soir d’hiver et la soeur, dans un lit défoncé, tentait de se réchauffer quand une mélopée s’est élevée de chez Fawzia, sa voisine. La soeur s’est levée discrètement et la scène qu’elle a découverte alors l’a marquée à jamais. Près d’un feu qu’elle venait d’allumer, la jeune femme chantait les phrases de l’Evangile que lui lisait son mari, leur petit garçon faisant ses devoirs par terre.

"Le visage de Fawzia était transfiguré. Il y avait en elle une plénitude, la certitude que le Christ était là, près d’elle, et qu’il l’aiderait à élever ses enfants. Je suis rentrée fascinée. Et j’ai pensé à Pascal : le Dieu d’Abraham, d’Isaac, de Jacob se révèle à cette pauvre femme qui chante sereinement ; il ne se démontre pas par un raisonnement intellectuel. Et j’ai pensé à la parole du Christ : "Si vous n’avez pas un coeur d’enfant, vous n’entrerez pas dans le royaume." Cela m’a fait un bien fou. Et je n’ai plus douté. En tout cas, jamais durablement."[…]

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